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Syndrome de Prader-Willi

Mis à jour le 30/08/2016

Temps de lecture estimé à 6 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Un bébé dans une balance
© Getty / Nenadpress
Obésité

Sommaire.

  1. Causes du syndrome de Prader-Willi
  2. Syndrome de Prader-Willi : quels symptômes ?
  3. Diagnostic du syndrome de Prader-Willi
  4. Syndrome de Prader-Willi : traitement

Le syndrome de Prader-Willi est une maladie génétique rare qui touche 1 naissance sur 25 000 à 30 000 en France.

Cette pathologie correspond à un dysfonctionnement de deux structures cérébrales (l’hypothalamus et l’hypophyse) associé à une hypotonie (diminution du tonus musculaire) dès la naissance. Le syndrome de Prader-Willi provoque différents symptômes, dont des troubles du langage et du comportement et une obésité importante.

Aucun traitement ne permet de guérir actuellement ce syndrome. Une prise en charge pluridisciplinaire adaptée permet de soulager les symptômes et de ralentir l’évolution de la maladie.

Le point dans notre article.

Causes du syndrome de Prader-Willi

Le syndrome de Prader-Willi est une maladie génétique associée à des anomalies génétiques sur plusieurs gènes situés dans une région particulière du chromosome 15 :

  • Au niveau de cette région, seuls les gènes paternels s’expriment à l’état normal, les gènes maternels restent silencieux (phénomène appelé l’empreinte parentale).
  • Chez une personne atteinte du syndrome de Prader-Willi, les gènes paternels de cette région ne s’expriment pas.
  • Actuellement, 16 gènes ont été identifiés comme associés à cette pathologie, bien que leur rôle exact ne soit pas encore connu.

Dans 98 % des cas de syndrome de Prader-Willi, les anomalies génétiques ne se transmettent pas des parents aux enfants, mais apparaissent de novo chez l’enfant. Les cas familiaux sont donc très rares. Pour une personne atteinte du syndrome de Prader-Willi, le risque de transmettre la maladie à ses enfants varie selon la nature de l’anomalie génétique, mais reste faible.

Le syndrome touche les filles comme les garçons de toute origine ethnique.

Les anomalies génétiques responsables de la maladie peuvent résulter de plusieurs mécanismes :

  • la perte d’un morceau du chromosome 15 paternel (70 % des cas) ;
  • l’absence de chromosome 15 venant du père (chromosome 15 maternel en double) (25-30 % des cas) ;
  • une anomalie génétique isolée (< 5 % des cas) ;
  • une translocation d’un autre chromosome (exceptionnel).
À noter

Les anomalies génétiques à l’origine du syndrome de Prader-Willi provoquent un dysfonctionnement d’une structure cérébrale, l’hypothalamus, impliqué dans la régulation de nombreuses fonctions hormonales et comportementales.

Syndrome de Prader-Willi : quels symptômes ?

Le syndrome de Prader-Willi associe une hypotonie musculaire à un dysfonctionnement de l’hypothalamus et de l’hypophyse.

Les conséquences de ces troubles sont multiples et variables d’un patient à l’autre. Dès la grossesse, les mouvements du fœtus sont plus lents et moins fréquents que normalement. Un excès de liquide amniotique (hydramnios) est parfois associé. Deux grandes phases de la maladie peuvent ensuite être considérées : de la naissance à 2 ans et après 2 ans.

De la naissance à l’âge de 2 ans

De la naissance à l’âge de 2 ans, les symptômes sont dominés par l’hypotonie et des troubles alimentaires :

  • un retard de croissance staturo-pondérale (petite taille et prise de poids insuffisante) ;
  • une hypotonie musculaire (manque de tonus musculaire) parfois sévère qui entraîne un retard de motricité ;
  • des difficultés à s’alimenter (troubles de la succion et de la déglutition, puis troubles de la mastication) ;
  • des anomalies génitales (développement insuffisant des organes sexuels féminins et masculins) ;
  • des infections ORL et respiratoires fréquentes.

À partir de 2 ans

À partir de l’âge de 2 ans, le comportement alimentaire évolue en lien avec le dysfonctionnement de l’hypothalamus qui contrôle normalement la satiété. Les symptômes deviennent alors multiples :

  • une hyperphagie progressive ;
  • une tendance au surpoids et à l’obésité précoce avec des risques de complications à moyen et long terme (diabète, troubles cardiovasculaires) ;
  • une amélioration de l’hypotonie, mais une persistance de fatigue à l’effort ;
  • des troubles de la croissance (taille inférieure à la moyenne) ;
  • des troubles du développement sexuel avec une puberté précoce ou retardée, incomplète, qui s’accompagne très souvent d’une infertilité ;
  • des troubles de l’apprentissage avec un déficit intellectuel généralement modéré ;
  • des troubles du comportement variables selon les patients (colères, troubles obsessionnels compulsifs, dépression, etc.) ;
  • des troubles du sommeil (apnées du sommeil, somnolence diurne, voire narcolepsie) ;
  • d’autres symptômes variés : un risque majoré de luxation congénitale de hanche ou de scoliose, des troubles visuels, une fragilité cutanée, des problèmes bucco-dentaires, des troubles de la régulation thermique.

Évolution de la maladie

L’évolution du syndrome de Prader-Willi est marquée par les complications inhérentes à certains symptômes, notamment l’obésité précoce. Les risques de complications sont multiples :

  • un diabète ;
  • un syndrome d’apnée du sommeil ;
  • des infections respiratoires pouvant être responsables d’une mort prématurée ;
  • des morts subites.

Diagnostic du syndrome de Prader-Willi

Le diagnostic du syndrome de Prader-Willi est évoqué par le médecin face aux symptômes évocateurs de la maladie, survenant généralement dès la naissance. Le diagnostic peut cependant intervenir au cours de l’enfance, voire à l’âge adulte, les premiers symptômes étant passés inaperçus.

Pour confirmer le diagnostic, le médecin prescrit des analyses génétiques effectuées sur une prise de sang au laboratoire d’analyses. Ces analyses permettent de déterminer la ou les anomalies génétiques en cause.

Des examens complémentaires sont également nécessaires pour déterminer les conséquences de la maladie :

  • un examen de la déglutition par radioscopie ;
  • une polysomnographie (étude du sommeil) ;
  • des radiographies thoraciques (recherche d’une scoliose) ;
  • un bilan ophtalmologique (troubles visuels).

Un diagnostic prénatal est réalisable au cours de la grossesse, par choriocentèse (prélèvement de trophoblaste) à la fin du premier trimestre ou par amniocentèse au cours du second trimestre. Il peut être prescrit dans plusieurs contextes :

  • des mouvements fœtaux faibles au cours du deuxième trimestre de grossesse ;
  • un excès de liquide amniotique (hydramnios) ;
  • pour des couples ayant déjà eu un enfant atteint du syndrome de Prader-Willi, en fonction de la nature de l’anomalie génétique.

Les examens nécessaires pour le diagnostic prénatal présentent des risques de fausse-couche et l’utilité de ce diagnostic est discutée avec le généticien et les parents. En fonction du résultat de ce diagnostic, une interruption médicale de grossesse peut être envisagée.

Syndrome de Prader-Willi : traitement

Actuellement, aucun traitement ne permet de guérir le syndrome de Prader-Willi. Les patients sont pris en charge dès le diagnostic de la maladie par une équipe pluridisciplinaire.

Le traitement des différents symptômes est mis en place en fonction du cas spécifique de chaque patient et de son âge.

Chez le nourrisson :

  • Les difficultés d’alimentation entraînent souvent une hospitalisation pour mettre en place une alimentation par une sonde nasogastrique ou une sonde de gastrostomie.
  • Des séances de kinésithérapie et de psychomotricité améliorent le tonus musculaire et compensent les effets de l’hypotonie. Des appareillages orthopédiques peuvent également être nécessaires.
  • Les troubles du développement des organes génitaux peuvent nécessiter une intervention chirurgicale chez les garçons (abaissement testiculaire) et/ou un traitement hormonal.
  • Un traitement par hormone de croissance par des injections sous-cutanées quotidiennes permet généralement de compenser différents symptômes (croissance, tonus musculaire, développement moteur et intellectuel, etc.). Cependant, ce traitement n’est pas dénué d’effets secondaires.

Chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte :

  • Les traitements débutés dès la naissance sont le plus souvent poursuivis chez l’adulte, le traitement par l’hormone de croissance est généralement stoppé à l’arrêt de la croissance, sauf en cas de déficit complet en hormone de croissance.
  • Le contrôle d’une alimentation adaptée et équilibrée est un point crucial pour limiter l’obésité et ses conséquences. Le suivi diététique est donc capital. Une activité sportive adaptée est également conseillée.
  • Les troubles du développement sexuel impliquent la mise en place d’un traitement hormonal spécifique. Ce traitement permet de réguler la puberté et les caractères sexuels mais ne traitent pas l’infertilité qui est très fréquente chez ces patients.
  • Des traitements spécifiques sont prescrits en cas de troubles du comportement et de troubles du sommeil.

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