Obésité conséquences

Sommaire

Les conséquences de l'obésité sont nombreuses. L'obésité a des conséquences physiques et des conséquences psychologiques.

Les conséquences physiques de l'obésité

Les principales conséquences physiques de l'obésité sont le diabète, les maladies cardiovasculaires, l'arthrose et un taux de mortalité plus important.

Toutefois, les complications somatiques graves sont très rares chez l'enfant obèse. Elles interviennent surtout à l'âge adulte si l'obésité n'a pas été corrigée entre-temps (sachant que 55 % des enfants de 7 à 12 ans et 66 % des adolescents en surpoids restent obèses à l'âge adulte). Elles comprennent également des stéato-hépatites sévères, des apnées du sommeil nécessitant une ventilation non invasive, des syndromes des ovaires polykystiques, des hypertensions intracrâniennes.

Bon à savoir : les enfants en surpoids ou obèses sont aussi exposés à un risque accru de développer diverses maladies, aussi bien dans l'enfance qu'à l'âge adulte, notamment une carence martiale chez les enfants de un à trois ans (avec des risques d'anomalies neuro-développementales), puis un diabète de type 2 si le surpoids persiste au moins jusqu'à la puberté.

Le diabète

Il existe deux types de diabète.

Le diabète de type 1 est un diabète insulinodépendant. Comme son nom l'indique, les personnes touchées par le diabète insulinodépendant sont dépendantes à l'insuline, car leur corps n'en fabrique pas. Le diabète de type 1 est une maladie génétique qui représente 10 % des diabètes.

Le diabète de type 2 est causé par l'obésité, la sédentarité et la vieillesse. C'est une hyperglycémie : un taux de sucre trop élevé dans le sang. Contrairement au diabète de type 1, le diabète de type 2 peut être soigné. Il représente 90 % des diabètes.

Seuls 5 ‰ des enfants obèses développent un diabète avant l'âge adulte.

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Les maladies cardiovasculaires

Une personne obèse est souvent touchée par une ou plusieurs maladies cardiovasculaires. Parmi les maladies cardiovasculaires causées par l'obésité, on retrouve :

  • l'hypertension artérielle (HTA) ;
  • l'insuffisance veineuse ;
  • le syndrome d'apnée du sommeil (l'obésité est un facteur de risque majeur avec le sexe masculin et le fait de présenter un ronflement chronique) ;
  • l'insuffisance cardiaque ;
  • la dyslipidémie (l'hypertriglycéridémie) ;
  • une cardiomyopathie (une association entre le surpoids de l’adolescence et le risque de cardiomyopathie à l’âge adulte a été mise en évidence dans une étude).

Source : Robertson J et coll.: Higher Body Mass Index in Adolescence Predicts Cardiomyopathy Risk in Midlife. Circulation. 2019 ; 140 (2):117-125.

Par ailleurs, une autre étude montre que les jeunes hommes ayant l’IMC le plus élevé à 18 ans présenteraient davantage de risque de faire une crise cardiaque avant 65 ans que ceux ayant un IMC compris entre 18,5 et 20. Ainsi, le risque serait multiplié par :

  • 1,3 avec un IMC entre 20 et < 22,5 ;
  • 1,6 avec un IMC entre 22,5 et < 25 ;
  • 2,6 avec un IMC entre 25 et 29,9 ;
  • 3 avec un IMC entre 30 et 34,9 ;
  • 3,5 avec un IMC de 35 ou plus.

Source : Aberg M et al. Body weight in adolescent men in Sweden and risk of an early acute coronary event. ESC 2019. 3 September 2019.

La migraine

La littérature décrit une prévalence de la migraine multipliée par 1,5 chez les personnes obèses par rapport aux personnes de poids « normal ». Ce lien s'observerait principalement chez les femmes en âge de procréer.

L’obésité est aussi associée à une augmentation de la fréquence des crises migraineuses et du risque de progression vers la migraine chronique. Par ailleurs, une méta-analyse suggère un effet favorable de la perte de poids sur la fréquence, l’intensité et la durée des crises, que ce soit grâce à une prise en charge chirurgicale ou non chirurgicale de l’obésité.

En revanche, sur le plan thérapeutique, un IMC élevé ne semble pas influencer la réponse aux traitements de fond.

L'arthrose

L'arthrose est également l'une des conséquences de l'obésité. C'est une maladie chronique qui se manifeste par des douleurs articulaires. Ces douleurs sont causées par une usure anormale des articulations.

L'excès de poids dû à l'obésité est responsable d'arthrose voire, dans les cas les plus graves, d'arthrose invalidante. Cette arthrose touche la partie inférieure du corps. Chez la personne obèse, les articulations les plus touchées par l'arthrose sont :

  • les hanches ;
  • les genoux ;
  • les chevilles ;
  • les pieds.

Seuls 4 ‰ des enfants obèses présentent une lyse de la tête fémorale (au niveau de la hanche, donc).

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Mortalité augmentée

Outre les nombreuses maladies susceptibles d'être causée par l'obésité, le fait d'être obèse augmente les risques de mortalité. En effet, au-delà de 25 kg/m², plus l'IMC est élevé, plus l'espérance de vie diminue.

IMC (en kg/m²) Situation pondérale Risque de décès
Entre 20 et 25 Normal -
Entre 25 et 27,5 Léger surpoids + 7 %
Entre 27,5 et 30 Surpoids + 20 %
Entre 30 et 35 Obésité de grade 1 + 45 %
Plus de 35 Obésité de grade 2 + 94 %

De manière générale, on constate aussi une augmentation du risque de cancer du fait de l’obésité (l'obésité est le deuxième facteur de risque de cancer de l'œsophage) et une aggravation du pronostic de certains cancers chez les personnes obèses. De plus, la surcharge pondérale (surpoids et obésité) est jugée responsable de 18 634 nouveaux cas de cancers en 2015 (source : Fiche repère. Nutrition et prévention des cancers, Institut national du cancer).

Bon à savoir : paradoxalement, le surpoids et l’obésité sont associés à une diminution probable de la mortalité (globale et spécifique) chez les patients atteints de cancer du poumon et de la mortalité globale chez les patients atteints de cancer de l’œsophage.

Par ailleurs, l'obésité rend plus vulnérable face à diverses infections. Ainsi, dans le cadre de l'épidémie de COVID-19 par exemple, le Haut Comité de Santé Publique juge que les personnes présentant une obésité morbide (indice de masse corporelle > 30 kg/m²) sont à risque de développer une forme grave d’infection à SARS-CoV-2 (de sorte qu'un arrêt de travail dérogatoire peut leur être prescrit jusqu'au 31 décembre 2022). De même, le risque de COVID-19 sévère conduisant à une hospitalisation, une admission en unité de soins intensifs ou au décès augmente progressivement à partir d’un IMC de 23 kg/m2.

C’est pourquoi l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a décidé d’élargir la liste des patients éligibles à un traitement par bithérapie d’anticorps monoclonaux. Ainsi, depuis le 11 juin 2021, les patients ayant une pathologie chronique, quel que soit leur âge à partir de 12 ans peuvent bénéficier de ce traitement qui est à administrer dans un délai maximal de 5 jours après le début des symptômes.

Les conséquences psychologiques de l'obésité

La dépression est à la fois une cause et une conséquence de l'obésité. Chez les enfants, contrairement aux adultes, les principales complications sont d'ordre psychosocial.

Dépression

L'obésité est une maladie (et il faut garder à l'esprit que l'obésité chez l'enfant n'est pas la même maladie que chez l'adulte). L'obésité est difficile à combattre et laisse des marques visibles, mais aussi invisibles comme la dépression. La prise en charge psychologique et surtout de la dépression est incluse dans le traitement de l'obésité.

La dépression de la personne obèse peut être causée par :

  • le rejet de son corps ;
  • l'incompréhension de sa maladie par son entourage et par elle-même ;
  • l'invalidité causée par le surpoids ;
  • la douleur ;
  • la discrimination.

À noter : chez les personnes obèses de 50 ans on observe une importante diminution du volume de substance blanche au niveau du cerveau comparativement aux personnes minces. Néanmoins, ces différences ne se traduisent par aucune différence au niveau des capacités cognitives.

Discrimination

La discrimination est l'une des conséquences de l'obésité. Elle est causée par l'incompréhension de la maladie. Une personne obèse est souvent mal considérée comme malade, fainéante et avec une hygiène générale qui laisse à désirer.

La discrimination des obèses est aussi bien présente dans le cercle familial que dans l'environnement professionnel. D'ailleurs, le traitement de l'obésité de l'enfant a pour objectif d'améliorer la qualité de vie immédiate sans se préoccuper de l'avenir. Ainsi, avant d'envisager de faire maigrir un enfant obèse, il faut déjà lui permettre de se sentir mieux dans sa peau.

Bon à savoir : le dispositif « Mission : retrouve ton cap » est destiné à améliorer la prise en charge des enfants en surpoids et à risque d’obésité âgés de 3 à 12 ans. Un médecin suit l’enfant et propose à sa famille des mesures d’accompagnement personnalisées et pluridisciplinaires. Le parcours comprend un bilan d’activité physique et des séances de suivi diététique et psychologique. Ce dispositif est proposé par l'Assurance Maladie.

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