Mini bypass

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Bien que non validé par la Haute Autorité de Santé, le mini-bypass tant à prendre le pas sur l'intervention bypass depuis 2-3 ans. Il s'agit d'une technique chirurgicale visant à traiter l'obésité en réduisant le volume de l'estomac et en modifiant le circuit alimentaire. Toutes les infos dans notre article.

Mini-bypass : qu'est-ce que c'est ?

Dans le traitement de l'obésité, on recense différentes chirurgies bariatriques s'adressant à des patients ayant un IMC (Indice de Masse Corporelle) supérieur à 40 ou compris entre 35 et 40 mais compliqué de pathologies liées à l'obésité.

Parmi les interventions possibles on trouve : l'anneau gastrique, la sleeve, le bypass et plus récemment le mini-bypass.

Cette intervention consiste à créer une poche gastrique de petite taille et à la raccorder à l'intestin grêle en court-circuitant une partie de l'estomac, le duodénum et le début de l'intestin grêle.

Ainsi, le mini-bypass - comme le bypass classique - repose sur une restriction (on réduit la taille de l'estomac) et une malabsorption (l'absorption des nutriments se fait dorénavant sur une seule partie de l'intestin grêle).

Par ailleurs, deux autres mécanismes complètent l'action du bypass :

  • le dumping syndrome : l'ingestion d'aliments très sucrés en quantité importante entraîne une sensation de malaise général et une accélération du pouls, il faut donc limiter leur quantité ;
  • et la diminution du taux de ghréline (hormone de la faim).

À la différence du bypass, le mini-bypass ne nécessite qu'une seule suture de l'intestin (au lieu de deux pour le bypass), ce qui donne une forme d'oméga au circuit alimentaire d'où le terme de bypass en oméga alors que le bypass classique est souvent appelé bypass en Y.

Avantages et inconvénients du mini-bypass

Bien que cette technique s'appelle mini-bypass, elle n'a rien de mini : son mode d'action et ses conséquences sur l'organisme sont les mêmes que le bypass classique.

Avantages

Le mini bypass a les avantages suivants :

  • Il s'agit d'une technique simple et rapide, réalisée sous cœlioscopie et durant entre 45 minutes et 1h30.
  • Le mini-bypass est théoriquement réversible. Ou il peut être transformé en bypass classique si certaines complications l'exigent.
  • La perte de poids est la même qu'avec le bypass (résultats à 1 an et à 5 ans).
  • Son efficacité est reconnue chez les gros mangeurs et les grignoteurs.
  • Les complications post-opératoires sont moindres qu'avec une sleeve ou un bypass classique  : 20 % pour le bypass en Y contre 7,5 % pour la technique en oméga (fistules moins graves, risque d'occlusion moindre).
  • On constate une réduction immédiate (voire la disparition) du diabète chez les non-insulino-dépendants et - quoique moins importante - du bilan lipidique, de l'hypertension artérielle.

Inconvénients

En contrepartie, voici ses inconvénients :

  • C'est une technique récente. On n'a donc pas beaucoup de recul sur ses résultats à moyen et long terme.
  • C'est une technique non encore validée par la H.A.S.
  • Il entraîne des carences vitaminiques et une dénutrition ; aussi la prise de compléments alimentaires vitaminiques et oligo-éléments est indispensable pour le reste de la vie.
  • Il y a un risque de dumping syndrome.

On peut également distinguer des complications immédiates et des complications plus tardives.

Les complications immédiates possibles sont :

  • fistules et abcès intra-abdominaux (1 à 2 %) : c'est un défaut de cicatrisation qui peut avoir des conséquences graves ;
  • des hémorragies intra abdominales ou digestives ;
  • des complications thromboembolitiques.

Par ailleurs, les complications tardives :

  • des sténoses de la suture entre l'estomac et l'intestin, nécessitant une ou plusieurs dilatations par endoscopie ;
  • des ulcères de la suture entre l'estomac et l'intestin (5 %) ;
  • des calculs dans la vésicule biliaire (de 20 à 30 % des patients) ;
  • des occlusions, qui sont plus fréquentes avec le bypass classique.

Bon à savoir : selon une étude menée chez des sujets en obésité sévère ayant subi une chirurgie bariatrique par by-pass, trois ans après l'intervention, on observerait une augmentation majeure du risque fracture ostéoporotique, d'où l'importance d'un traitement destiné à normaliser les apports en calcium (alimentation et/ou supplémentation), à supplémenter en vitamine D et en protéines, et à initier une activité physique en charge, idéalement en pré- puis en post-opératoire (source : Société française de rhumatologie - Recommandations françaises en matière de prévention et de traitement de l’ostéoporose secondaire à la chirurgie bariatrique, 13 décembre 2022).

Enfin, dans le cas d'un mauvais suivi ou d'un patient ne respectant la nécessité d'instaurer de nouvelles habitudes alimentaires et une activité physique régulière, il existe toujours la possibilité d'un échec.

Comme le bypass classique, le mini-bypass est une technique chirurgicale pour traiter l'obésité. Il s'agit de jouer sur plusieurs mécanismes afin de viser une perte de poids importante : restriction, malabsorption, diminution du taux de l'hormone de la faim et dumping syndrome. On rend inopérants plusieurs mètres d'intestins en suturant l'estomac et l'intestin grêle.

Cette technique est plus simple et réversible mais elle doit encore faire ses preuves et être approuvée par la Haute Autorité de Santé.

Ces pros peuvent vous aider