Enfant en surpoids

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En France, 4,5 % des enfants sont en surpoids et 3,5 % sont obèses (au niveau européen, 29 % des enfants âgés de 7 à 9 ans sont en surpoids et 12 % sont obèses). Comment aider son enfant en surpoids et surtout, comment le savoir ? Quelle alimentation privilégier ? Petit tour d'horizon dans notre article.

Enfant en surpoids : les signes évocateurs

Il est parfois difficile de savoir si votre enfant est bien en chair ou en véritable surpoids. Pour vous aider, il existe des calculs scientifiques qui vous donnent une première idée.

Il faut regarder la courbe de croissance et de poids dans le carnet de santé. Si l’enfant se situe au-dessus du 97ème percentile, il est en surpoids. S’il se situe en dehors de la courbe, il est obèse.

Cependant, outre ces valeurs chiffrées, il convient aussi de regarder comment l’enfant se sent. Est-il en bonne santé ? Souffre-t-il de son poids ? Du regard des autres ? Arrive-t-il à faire du sport sans problème ou au contraire est-il de nature à être essoufflé ?

Bon à savoir : les symptômes pathologiques graves sont très rares chez les enfant en surpoids.

En cas de doute, il convient toujours de consulter un pédiatre ou un médecin généraliste qui pourra si besoin vous orienter vers un spécialiste : nutritionniste, médecin spécialisé dans le surpoids et l’obésité infantile, etc.

Risques du surpoids sur la santé de son enfant

Pour un enfant, les risques à court terme sont surtout d’ordre psychologique. Il sera moqué par ses camarades, mis à l’écart d’activités collectives. Il pourra être stigmatisé. De plus, il pourra ressentir une gêne physique pour s’habiller, courir, monter les escaliers, etc.

Sur le long terme, les risques sont bien plus graves :

Bon à savoir : chez les enfants de un à trois ans ayant un indice de masse corporelle (IMC) élevé, on retrouve une augmentation du risque de carence martiale (anémie par manque de fer).

Aider son enfant en surpoids

Le surpoids n’est pas toujours causé par les mêmes problèmes. Les solutions à apporter seront donc différentes.

Le rôle de la génétique est toutefois prépondérant chez l'enfant. Une étude a montré que l'effet de l'environnement était quasi nul à partir de 9 ans et que les facteurs génétiques prédominaient toute la vie (sources : Silventoinen et coll. Am J Clin Nutr 2016 et 2017).

Quoi qu'il en soit, le traitement de l'obésité de l'enfant n'est pas une urgence. Il ne s'agit pas de lutter contre des mauvaises habitudes alimentaires mais davantage contre un état constitutionnel (puisque l'obésité infantile est essentiellement d'origine génétique). La prise en charge a pour objectif d'améliorer la qualité de vie immédiate sans se préoccuper de l'avenir car avant de faire maigrir un enfant obèse, il faut déjà lui permettre de se sentir mieux dans sa peau.

Par ailleurs, le dispositif « Mission : retrouve ton cap » est destiné à améliorer la prise en charge des enfants en surpoids et à risque d’obésité âgés de 3 à 12 ans. Un médecin suit l’enfant et propose à sa famille des mesures d’accompagnement personnalisées et pluridisciplinaires.

Le parcours de prévention réalisé par les centres et maisons de santé est composé d'un panier de soins, soumis à prescription médicale, qui comprend un bilan d'activité physique (seuls 53 % des enfants font 2 heures de sport par semaine), ainsi qu'un bilan et des séances de suivi diététique et psychologique réalisés par des professionnels de santé ou des psychologues salariés ou prestataires des centres et maisons de santé.

Bon à savoir : la réalisation de ces bilans et actes donne lieu à un versement forfaitaire aux centres et maisons de santé par l'Assurance maladie (décret n° 2022-1394 du 31 octobre 2022).

Remarque : les facteurs corrélés positivement à la disparition du surpoids à l'âge adulte seraient des parents ayant un niveau socio-économique et un niveau d'étude élevés et ceux corrélés négativement seraient un IMC de la mère supérieur à 25 et une origine non européenne (source : Ficheux et coll. J Pediatr Gastroenterol 2009).

Vie saine pour soi et son enfant

Dans tous les cas, il conviendra de proposer à l’enfant une alimentation saine et variée. Il est hors de question de mettre un enfant au régime sous peine de voir l’effet inverse se produire et de lui créer des carences durant sa croissance. L’idée est de maintenir son poids tout en grandissant. Ainsi, on maigrit. En cas d’obésité, il est possible de maigrir tout en grandissant bien sûr mais il ne faut jamais que ce soit dans l’excès.

Ses repas doivent être équilibrés : féculents, légumes, protéines, un peu de matière grasse, fruits. Il est aussi important de lui proposer des activités sportives : inscription à un sport, balades en famille à pied ou à vélo, etc. Pourquoi ne pas profiter aussi d’aller à l’école à pied ?

Votre enfant mange trop vite

Il arrive que les enfants un peu gloutons mangent trop vite et perturbent leur curseur de satiété. Pour l’aider, on peut lui proposer des entrées crues qui nécessitent de bien mâcher (carottes, endives, salade, etc.). Demandez à votre enfant de ne pas vous parler la bouche pleine. Ainsi, lorsqu’il voudra s’exprimer, il fera une pause dans son repas.

N’enchaînez pas les plats, laissez passer quelques minutes entre l'entrée et le plat principal. Une pause de 3 minutes entre chaque plat permettra au cerveau de votre enfant de prendre conscience de la quantité de nourriture ingérée.

Le grignotage

En rentrant de l’école, il prend son goûter et n’arrête pas de manger jusqu’au repas du soir. Cela arrive souvent lorsque les enfants sont seuls à la maison après l’école. Il s’agit d’une alimentation « doudou » qui permet d’éviter l’ennui et la solitude.

Préparez-lui un goûter équilibré qu’il retrouvera sur la table en rentrant. Ne remplissez pas vos placards de sucreries inutiles. Faites-lui un planning d’activités à faire en rentrant le soir pour éviter ces moments d’ennui comblés par la nourriture.

Une alimentation trop conséquente

Votre enfant est gourmand et une belle assiette bien remplie ne lui fait pas peur. Au contraire, il a tendance à manger tout le contenu de son assiette.

C’est à vous de le servir. Apprenez-lui qu’on ne se ressert pas et qu’une seule assiette suffit. Ensuite, servez-le dans une assiette plus petite. Diminuez les portions progressivement jusqu'à atteindre des portions adaptées à son âge.

Appréhension des légumes

Les légumes verts ne plaisent pas aux enfants. Ils n’aiment pas la couleur verte. Choisissez des légumes rouges, oranges, jaunes. Présentez-les en gratin, en tarte ou en purée.

Pensez aussi à les mélanger aux féculents : pâtes et ratatouille par exemple, purée de légumes et de pomme de terre, etc. Montrez-vous inventif ! Vous pouvez aussi lui proposer de vous aider à cuisiner un plat avec des légumes pour qu’il voit comment cela se prépare.

À noter : seuls 43 % des enfants consomment quotidiennement des fruits frais et 34 % des légumes.

Consultez un médecin

Votre médecin (généraliste, pédiatre ou médecin de PMI) saura aider votre enfant à perdre du poids. Il diagnostiquera éventuellement un risque d'obésité infantile et vous dirigera vers les professionnels compétents.

Bon à savoir : un dispositif expérimental visant à prévenir l’obésité chez le jeune enfant a été mis en place par un décret n° 2017-706 du 2 mai 2017 dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Seine-Saint-Denis et de La Réunion. Il concerne les enfants de 3 à 8 ans chez lesquels le médecin aura décelé un risque d’obésité. L'expérimentation prévoit une prise en charge pluridisciplinaire (diététique, psychologique et d’activité physique) précoce et adaptée aux besoins de l’enfant et de sa famille. Cette prise en charge est confiée à des professionnels de santé et psychologues appartenant à des structures sélectionnées.

Ces pros peuvent vous aider